23.

A Jérusalem, Ava s’est mise à porter la coiffe juive, les cheveux relevés dans un turban, noué par derrière, mais pas par devant, par devant ce sont les musulmanes du quartier arabe de la vieille ville, et de Jérusalem Est, voilées de la tête aux pieds, tout chez elles est couvert sauf leur visage. Lors de son précédent séjour, son amie Daphné lui avait indiqué que c’était propre à Jérusalem, ce respect si strict du voile, qu’en Cisjordanie il était moins systématique, beaucoup de filles ne le portaient pas du tout, mais ici Ava ne voyait que cela, des femmes Arabes couvertes marchant près d’hommes en tee-shirt, des hommes dévoilant leur bras, leur corpulence, leur pilosité, leur crâne, des hommes fiers d’être des hommes, qui ne dissimulent pas ce qu’ils sont, et ce déséquilibre-là révulse Ava, il le sait, il sent sa crispation, ses commentaires murmurés à part elle-même. Cette distinction si nette entre les sexes lui fait mal car il lui rappelle l’Iran, ce que l’Iran est devenu depuis la révolution islamique, ce que l’Iran impose aux femmes et à sa cousine Donia, qui, lui a-t-elle raconté, est contrainte de travailler à l’hôpital avec un uniforme islamique qui l’étouffe et lui file de l’eczéma sur le menton, là où arrière-grand-mère jouissait de la liberté de porter des mini-jupes et de se coiffer comme Greta Garbo.

Il déambule aux côtés d’Ava dans les rues pavées de la vieille ville, où ils peinent à avancer sans heurter le nombre infini de touristes évoluant autour d’eux, il y en a de toutes les nationalités et de toutes les religions, qui avancent, un guide à la main, et s’arrêtent devant les devantures des boutiques de souvenirs où s’entassent des bougies en cire du Saint Sépulcre, des aimants pour frigidaire à l’effigie de mains de Fatma ou d’étoile de David, des fioles contenant de l’eau de la Mer morte, des bracelets et des bijoux, des étoffes. Les quartiers s’enchevêtrent, les trois zones, juive, chrétienne, arabe, s’enchevêtrent, il suffit de tourner, de continuer, sous le soleil qui assomme et qui harasse, les populations s’entrecroisent, des hommes à la longue barbe hirsute, habillés de noir et arborant, en hauteur sur leur crâne, un streimel, un grand chapeau de fourrure, avançant d’un pas rapide par groupes de deux ou de trois, discutant d’un ton animé d’un passage de la Torah laissent la place, quelques mètres plus loin, à des hordes d’enfants arabes jouant dans la chaleur de la rue, se frayant un chemin à vélo dans l’étroitesse de la rue surpeuplée, eux-mêmes bientôt remplacés par un groupe de fervents Chrétiens, avançant, genou à terre sur le sol saint pour ressentir au plus près de leur chair les souffrances infligées au Christ. Florent connaît chacune de ces ruelles par cœur, il a capté en lui l’essence de la ville, son charme irrationnel, il s’imbibe de la folie propre à cette terre, il savoure la mélodie enivrante de l’appel à la prière islamique, un beau chant qui l’apaise, tout en observant une famille juive orthodoxe se hâter devant lui, les enfants dans la poussette, la femme avançant, l’allure voûtée, les cheveux ostensiblement couverts par une perruque de mauvaise facture, couvant son crâne d’une chevelure synthétique mal ajustée, il est touché de cette profonde discordance.

Ava s’arrête dans une boutique arabe, elle veut acheter l’un de ces fils rouges que les Juifs portent à leur poignet gauche, c’est Kiana qui en a réclamé un, sans savoir vraiment ce que c’était, en guise de soghati, cette coutume iranienne qui exige qu’on rapporte absolument, et quoi qu’il arrive, un cadeau à ses proches lorsqu’on part en vacances quelque part, sinon cela signifie un terrible manque de considération, un grave manque de respect. Et pendant chacune de leurs vacances Ava passait un temps fou à choisir le présent adéquat à offrir à sa mère et à sa grand-mère, elle s’interrogeait, des heures durant, sur ce qui pouvait convenir, ce qui pourrait leur faire plaisir, et Florent ne la comprenait pas, il lui demandait pourquoi elle intégrait, systématiquement et avec une telle loyauté, chacune des coutumes de son pays d’origine. Mais cette fois cela avait été facile, il n’y avait plus à réfléchir, à s’attarder, dans chaque boutique, en tentant de débusquer l’objet qui ferait l’affaire, ou l’assortiment de pâtisseries qui plairait le mieux à Hengameh. Oui c’était simple, juste un fil rouge. How much, demande-t-elle à l’homme qui tient la petite échoppe, elle entend Fifty shekels, elle demande encore, précise qu’elle ne souhaite qu’un fil, un seul, et pas l’ensemble du stock, Fifty shekels répète l’homme, plus agressif déjà, il dit que c’est de la soie, que c’est très précieux, que ça vaut très cher, et voyant Ava s’éloigner, il crie, Ok, ten shekels, et c’est alors que Florent intervient, One shekel, lance-t–il, pour un morceau de laine rouge, il ne pas exagérer, il doit empêcher Ava de céder, elle serait bien capable de dire d’accord, pour se débarrasser de la charge mentale de ramener du fil rouge pour sa mère, elle dirait cinq euros ça ne représente quoi pour nous, Parisiens privilégiés, bourgeois énarques habitant le septième arrondissement de Paris, lui ça peut l’aider, ce pauvre homme qui s’est fait voler son territoire, car elle ne le dit pas mais elle le pense, forcément elle le pense puisque tout le monde le pense. Ava ne sait pas marchander, elle ne sait pas négocier, les tractations l’horrifient.  L’homme élève la voix, une vraie colère, One shekel, what do you mean one euro, please go away, il hurle, et d’un geste du bras, leur fait signe de déguerpir.

Florent est déjà loin quand Ava le rejoint, d’un pas rapide et saccadé, sa coiffe sur la tête, elle ressemblait à une Juive yéménite, plus vrai que nature, la raison de ce choix l’intriguait, elle si hostile au voile islamique avait noué l’étoffe mauve autour de sa tête ce matin-là, belle devant la glace, elle s’était contemplée, heureuse de ce reflet qui la renvoyait jolie, lui donnait une allure qu’en France elle ne se permettrait pas. Contrariée par l’agressivité du vendeur, elle glissa sa main dans la sienne, il se pencha pour l’embrasser sur la joue, et hâta le pas pour l’accompagner à l’entrée d’Al Aqsa, comme ils l’avaient convenu dès le réveil. Ava irait visiter le monument, seule, sans lui.

C’est Florent qui le lui avait suggéré. Ava était encore allongée dans le lit de la petite chambre d’hôtel de la ville nouvelle, superbe, majestueuse, son corps d’or étalé dans les draps immaculés, ses cheveux bruns coulant autour de son visage, endormie. Florent la tira du sommeil, doucement, par des baisers et des caresses, il la réveilla de ce long rêve dont elle ne parvenait pas à sortir. Il voulait lui proposer de visiter Al Aqsa. L’interrogateur du Shin Bet n’avait pas tort, ce serait trop bête qu’elle soit allée jusqu’ici sans visiter ce lieu d’une phénoménale beauté, si central dans la culture islamique. Sur internet, il était précisé que les vendredis, le lieu n’était ouvert que qu’aux musulmans. Lui, Florent, ne pourrait donc guère s’y rendre. Lors de son précédent voyage, il avait pourtant adoré se promener sur l’esplanade, et avait regretté de ne pas pouvoir visiter le dôme, réservé aux musulmans, interdit aux autres, aux Chrétiens, aux Juifs. Mais Ava avait cette chance, elle pouvait y aller. Elle était musulmane, qu’en en profite. Et elle n’avait pas besoin de lui pour cette visite. C’est ce qu’il lui avait expliqué quand elle avait ouvert les yeux. Il lui avait dit, tu es Musulmane, tu peux aller visiter Al Aqsa aujourd’hui, et elle l’avait regardé comme s’il lui apprenait quelque chose, quelque chose qu’elle avait oublié, ou qui n’était pas tout à fait exact. Tu es musulmane. Elle le fixait mais ne réagissait pas, n’approuvait pas, ne semblait voir aucune évidence dans ce propos. Comme si elle n’était pas sûre, ne l’avait jamais tellement été, comme si cette part de son identité relevait d’une forme dont mensonge dont elle avait dû s’accommoder. Ava l’observait, pas tout à fait sûre de ce qu’il lui racontait, encore groggy par le sommeil, encore engourdie par sa nuit, ses cauchemars et ses rêves, la bouche sèche et les yeux collés, la langue pâteuse. Elle détestait parler le matin, Ava, elle communiquait par des signes, des mimes, il devait deviner ce qu’elle disait et elle lui indiquait, d’un pouce levé ou d’un pouce baissé, s’il se trompait ou s’il avait vu juste.

Musulmanevendredilieu magnifiquetu dois absolument.

Tout ce qu’Ava comprenait, c’est qu’ils ne pourraient pas rester ensemble, qu’ils devraient se séparer, ce qui ne l’enchantait pas. Elle secoua la tête, un Non silencieux, pour lui faire comprendre qu’elle préférait rester avec lui, passer la journée à ses côtés, tant pis pour Al Aqsa, elle ne voulait pas qu’il la laisse seule. Il avait insisté. Il lui avait fait comprendre quelle perte ce serait qu’elle renonce à cette visite, alors qu’elle était là, à Jérusalem, et qui sait si elle reviendrait un jour.  Tu prendras des photos pour moi, de l’intérieur du dôme. Profite du fait de pouvoir y entrer, moi j’aimerais mais je ne peux pas.

Ava accepta à contrecœur. Non qu’elle soit si passionnément amoureuse qu’elle ne pouvait supporter son absence quelques heures. Seulement son sens de l’orientation était si mauvais que sans GPS et sans l’aide de passants, n’importe quel trajet virait pour elle au cauchemar. Sans doute une défaillance cérébrale, un blocage neuronal faisant disjoncter son esprit pourtant intelligent.

Il lui avait recommandé de choisir ses vêtements en fonction de cette sortie. D’oublier sa robe orange clinquante, sa chemise vert pomme à manche courte, et sa panoplie de tenues estivales achetées chez Mango à quelques jours du départ, en prévision de la touffeur proche-orientale. Mets ta jupe longue, il avait dit, et puis ta chemise noire à fleurs, la seule qui ait des manches jusqu’au poignet. Sinon, il faudra t’acheter l’une de ces tenues islamiques vendues dans les boutiques du quartier arabe.

Ava s’était levée du lit, avait tiré de sa valise, un par un, les vêtements mentionnés par Florent, la jupe beige et la chemise achetée à Saint Pétersbourg trois ans auparavant, avec son ex Léo, comme elle le rappela à Florent. Lui peinait à s’imaginer qu’Ava ne soit pas née le soir de leur rencontre. L’idée qu’elle ait vécu avant lui, qu’elle ait voyagé, qu’elle ait ri, qu’elle soit sortie, ait visité des lieux, des pays, se soit émue, ou ait pu jouir, avant de le connaître, lui semblait particulièrement invraisemblable. Comment cette enfant fragile incapable de changer une ampoule avait-elle pu se rendre en Russie et acheter là-bas cette chemise sombre aux fines fleurs rouges, sans qu’il n’ait été là, à ses côtés, pour la guider, la conseiller ? Non, il n’avait pas l’impression d’être sexiste en pensant cela, c’était sincère chez lui, cette façon de visualiser Ava, de la concevoir, comme un être dépendant de lui. N’oublie pas de prendre un voile, lui avait-il aussi rappelé, se heurtant à un grognement de sa part, à un Tu crois que je suis idiote ou quoi, bien sûr que je vais prendre un voile, avant de lui lancer son sourire charmeur et de nouer le tissu autour de sa tête, à la façon des juives orientales. Je pourrais changer le moment venu. Ce tissu-là, Dieu sait où elle l’avait dégoté, elle ne l’avait certainement pas acheté, il devait provenir de sa mère, de sa grand-mère, d’un cadeau offert par l’un des multiples soufis de cette étrange communauté qu’il n’avait jamais vue. Elle était ainsi Ava, en possession d’un tas de choses dont elle ne situait guère l’origine, une multitude de trucs simplement arrivés dans ses mains sans qu’elle y prête la moindre attention, comme si ces objets étaient sortis des entrailles du sol selon un mécanisme magique dans le seul but de lui rendre service. Non, comme si rien du tout, en vérité, puisqu’Ava ne remarquait même pas qu’elle détenait ces choses, ces trucs, elle aurait bien pu toutes les perdre qu’elle ne se rappellerait même pas les avoir eues, un jour, en sa possession.

D’un pas vif, enjoué, elle était entrée dans la chaleur de la ville ainsi couverte jusqu’aux chevilles, comédienne entrant sur scène incarnant un personnage à l’opposé du sien.

La rue est si animée qu’il ne peut plus avancer. Il reste bloqué entre un groupe d’enfants turbulents, slalomant en vélo, deux vieilles femmes s’exprimant d’une voix forte, articulant des sons que pour sa part, il ne pourrait reproduire, des sons plus rugueux que ce persan dont Ava use au téléphone plusieurs fois par jour pour discuter avec Kiana. Un groupe d’hommes arrive vers eux, depuis le bout de la rue, depuis la mosquée Al Aqsa, ils rejoignent leur quartier, l’heure de la prière est terminée, et ce sont des dizaines et des dizaines d’hommes, de tout âge, des plus âgés et des plus jeunes, des gamins mêmes, et d’autres, dans la force de l’âge, qui déferlent, discutant, conversant, leurs cheveux sont bruns et leurs barbes taillées, tous ont les bras nus, ils sortent de là comme on sortirait d’un café, d’un restaurant, c’est l’unicité de leur mouvement, groupé et coordonné, depuis ce point précis de la vieille ville, qui témoigne de leur provenance. Florent remarque que les hommes, tous autant qu’ils sont, arrêtent leur regard sur Ava tandis qu’il passent, les plus âgés et les plus jeunes, ceux dans la force de l’âge, tous la remarquent et la dévisagent, ils ne remarquent pas Florent mais ils s’attardent sur Ava, Ava qui ne les voit pas, qui ne saisit pas l’attrait qu’elle provoque, Ava qui ne distingue d’eux qu’une masse de types en tee-shirt.

Lorsque le mouvement se calme, lorsque la rue se dégage un peu, et qu’Ava reprend sa marche, un pas après l’autre, cette marche dont elle ne sait où elle la mène, Florent lui fait signe qu’il s’en va. Elle ne comprend pas, tu t’en vas où ? Depuis ce matin elle le suit, partout, elle se déplace à ses côtés, avançant quand il avance, n’intervenant que pour indiquer sa fatigue, sa faim, et son devoir filial d’acheter un bracelet en fil de soie rouge pour Kiana. Elle le regarde, de son regard d’enfant perdu, sa coiffe rose de yéménite enroulée autour de sa petite tête, son visage brun tourné vers lui, sa bouche colorée d’un rose vermeille, même pour cette journée mystique elle ne s’est pas départie de cette coquetterie-là. Je te laisse ici, je vais m’asseoir dans un café pendant un moment, toi tu continues tout droit, tu vas à la mosquée, tu visites, tu prends des photos, et puis on se retrouve dans une heure au mur des lamentations, c’est là, juste à côté, il y a des indications partout, d’accord ma chérie, mon amour ? A tout à l’heure. Ava reste immobile, elle intègre les informations, et il sourit en la voyant si démunie, cette fille qui a eu mention très bien au Bac et qui a réussi le barreau du premier coup, cette fille capable de lui résumer la théorie des cordes et la gravité quantique à boucles mais qui semble épouvantée à l’idée de continuer son chemin sans lui. Elle vérifie l’état de la batterie de son téléphone, et si elle a bien de l’argent sur elle, on ne sait jamais, et puis l’adresse de l’hôtel, on ne sait jamais, avant de hocher la tête, d’un air grave et solennel, en lui disant oui, à tout à l’heure. Il ne sait pas à quoi c’est dû, cette inaptitude. Il en avait parlé à ses parents, il n’y a pas si longtemps, il leur avait dit, Ava n’est pas comme nous, elle est ailleurs, dans la lune, à côté de la plaque, si vous lui posez la question, ce n’est pas sûr qu’elle sache combien de pièces comporte notre appartement à Versailles, même après être venue des dizaines de fois. Il avait effectué le test avec Ava, il lui avait demandé, à ton avis, il y a combien de pièces chez moi à Versailles, elle s’était montrée offusquée, elle avait dit tu me prends vraiment pour une conne, et puis elle avait cité chacune des pièces, elle avait dit il y en a huit, elle l’avait regardé avec un air de défi, un air de victoire, et il lui avait fait remarquer qu’elle avait oublié le bureau, à côté de la cuisine, que dans sa rémanence mentale elle avait occulté l’endroit où elle posait d’abord ses affaires en entrant.

Elle répète, dans une heure au mur des lamentations, et Florent lui fait signe que c’est ça, qu’il sera bien là, heureux de cette dépendance d’elle pour lui, heureux de se sentir important, indispensable, heureux de provoquer le trouble par son absence, même si courte, même si dérisoire. Elle lui sourit, dénoue son turban, sa coiffe, elle enlève le tissu de sa tête, le déplie tout à fait, ses cheveux noirs volètent autour de ses oreilles, des mèches qui collent les unes aux autres, à cause de la chaleur, de l’humidité, il y a quelque chose d’indécent dans cette image d’une tête couverte qui se dénude, comme une intimité soudain exhibée, une scène volée, interdite, surprise par erreur. Elle pose le foulard sur sa tête à nouveau, mais autrement cette fois, elle rabat les extrémités du tissu de part et d’autre de son cou, tout à coup elle devient celle qu’elle aurait dû être dans l’espace public si ses parents n’avaient pas émigré, elle incarne le quotidien de sa cousine Donia, le visage encadré par un voile dissimulant à la fois sa chevelure et la teinte cuivrée de son cou, le visage de la seule féminité acceptable pour des millions de gens sur cette Terre. Elle lui sourit à nouveau, comme fière de cette métamorphose opérée en quelques secondes, d’une culture à l’autre, fière de cette désinvolture dont elle fait preuve en jouant avec les dogmes religieux, en nouant, dénouant, renouant ce morceau d’étoffe mauve avec l’indifférence de la liberté.

Elle se retourne et s’en va.

Il la voit s’avancer à petits pas vers Al Aqsa, sa silhouette n’est plus qu’une chose fine et tricolore, tête rose, buste noir et jambes entourées de beige, la jupe est ample et lâche autour de ses chevilles, pas moulante ni provocante, il n’y a pas à dire elle est couverte, de la tête aux pieds couverte, le foulard bien noué, la chemise décente et la jupe large et longue, pourtant elle dénote au milieu des femmes vêtues de sombre, la faute aux strates de couleur, à cet assemblage baroque de pièces pas coordonnées, il n’y a pas à dire, elle est couverte mais pas couverte comme les autres, pas couverte comme celles qui fréquentent Al Aqsa.

Elle a disparu, pour de bon disparu, même en plissant les yeux il ne la voit pas, il la retrouvera tout à l’heure. Forcément il la retrouvera. Mais comment en être tout à fait sûr ?  N’y a-t-il pas une chance, une infime chance, qu’elle décide de s’en aller, de renoncer à tout, à ses valises et leur petite chambre d’hôtel, à lui ? N’existe-t-il pas toujours une possibilité que l’autre ne revienne pas ?

Après tout, elle est déjà partie, une première fois.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s